Charges sociales du président de SASU non-résident : comment ça se calcule
Le président de SASU non-résident reste assimilé-salarié : charges sociales sur salaire, prélèvement sur dividendes. Calcul réel avec les chiffres 2026.
Sommaire
La réponse en 30 secondes Mis à jour le 23 septembre 2026
Le président de SASU non-résident reste assimilé-salarié et paie les mêmes charges sociales qu’un dirigeant résident, mais uniquement s’il se verse une rémunération. Sur un salaire, comptez environ 65 à 70% de cotisations cumulées (patronales et salariales) rapportées au brut, soit un coût total employeur d’environ 85 à 90% au-dessus du net perçu. Sans salaire, aucune charge sociale n’est due sur les revenus du dirigeant : seule l’IS s’applique sur les bénéfices (15% jusqu’à 42 500€, puis 25%). Les dividendes échappent, dans la plupart des cas, aux prélèvements sociaux de 17,2% réservés aux affiliés à la sécu française, mais subissent une retenue à la source dont le taux dépend de la convention fiscale avec le pays de résidence. Le bon calcul dépend donc surtout d’un choix : salaire (charges lourdes, droits sociaux) ou dividendes (charges légères, aucun droit).
J’accompagne régulièrement des expats installés au Portugal, en Espagne ou ailleurs qui pilotent une SASU depuis l’étranger, et la première question qui revient presque à chaque fois c’est celle-là : « si je ne suis plus en France, je paie quand même les charges sociales du régime général ? » La réponse surprend souvent : oui, intégralement, dès qu’il y a un salaire. Voici comment ça se calcule vraiment, avec les chiffres et les pièges que je vois le plus souvent.
Le président de SASU non-résident est-il vraiment assimilé-salarié ?
Oui, sans exception liée à la résidence fiscale. Le statut du président de SASU (assimilé-salarié, affilié au régime général de la sécurité sociale) découle de la forme juridique de la société, pas du lieu où vit le dirigeant. Une SASU immatriculée en France reste soumise au droit du travail et au droit de la sécurité sociale français pour la rémunération de son président, que celui-ci habite à Lisbonne, Barcelone ou ailleurs.
C’est une différence majeure avec le régime des travailleurs non-salariés (TNS, applicable en gérance majoritaire de SARL) : pas de cotisations minimales forfaitaires même sans salaire, mais un régime plus protecteur (assurance maladie, retraite, chômage sous conditions très restrictives) quand une rémunération est versée. Ce point pèse directement sur la manière de se rémunérer quand on pilote sa SASU depuis l’étranger.
Combien coûtent réellement les charges sociales sur un salaire de président de SASU ?
Comptez environ 85 à 90% de charges au-dessus du net versé, en cumulant cotisations patronales (environ 42 à 45% du brut) et cotisations salariales (environ 20 à 23% du brut). C’est le principal reproche que me font les clients qui découvrent ce statut après avoir comparé avec l’auto-entreprise : le régime assimilé-salarié est protecteur, mais il coûte cher dès qu’on veut se verser un revenu significatif.
Voici la méthode que j’utilise avec les expats que j’accompagne pour estimer une fourchette réaliste :
- Fixer le salaire brut mensuel visé, par exemple 2000€ brut
- Appliquer un taux de charges patronales moyen de 45% du brut, soit environ 900€ pour cet exemple
- Déduire les charges salariales d’environ 22% du brut, soit 440€, pour obtenir le salaire net avant impôt
- Additionner charges patronales et salariales pour obtenir le coût total employeur, ici environ 2900€ pour 1560€ de net perçu
Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur pour différents niveaux de salaire brut mensuel.
| Salaire brut mensuel | Charges patronales (~45%) | Charges salariales (~22%) | Net avant impôt | Coût total employeur |
|---|---|---|---|---|
| 1 000 € | 450 € | 220 € | 780 € | 1 450 € |
| 2 000 € | 900 € | 440 € | 1 560 € | 2 900 € |
| 3 500 € | 1 575 € | 770 € | 2 730 € | 5 075 € |
| 5 000 € | 2 250 € | 1 100 € | 3 900 € | 7 250 € |
Ces taux varient selon les tranches de cotisation et les caisses de retraite complémentaire concernées : ils servent à budgéter, pas à établir une fiche de paie exacte, qui reste du ressort d’un logiciel de paie ou d’un expert-comptable.
Que se passe-t-il si le président de SASU non-résident ne se verse aucun salaire ?
Aucune charge sociale n’est due sur les revenus du dirigeant. C’est l’option la plus fréquente chez les expats que je conseille en phase de lancement : la SASU génère du chiffre d’affaires, paie l’IS sur son bénéfice (15% jusqu’à 42 500€ de résultat, 25% au-delà), et le président ne perçoit rien en direct tant qu’il n’a pas besoin de sortir de la trésorerie.
Le piège que je vois le plus souvent : croire que « pas de salaire » veut dire « pas de démarches ». Il faut quand même déposer une déclaration sociale nominative (DSN) mensuelle à zéro si un contrat de travail formalise la rémunération du président, et la CFE (cotisation foncière des entreprises) reste due indépendamment du salaire. Un logiciel de comptabilité qui centralise ces obligations évite les oublis, surtout quand on pilote tout depuis l’étranger sans expert-comptable au quotidien.
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Comment sont taxés les dividendes d’un président de SASU non-résident ?
Les dividendes échappent, dans la plupart des cas, aux prélèvements sociaux de 17,2% qui financent la sécurité sociale française, puisqu’un non-résident non affilié à ce régime n’a pas vocation à les payer. À la place, une retenue à la source s’applique sur les dividendes versés à l’étranger, dont le taux dépend de la convention fiscale entre la France et le pays de résidence du dirigeant : souvent autour de 12,8% à 15% selon les conventions, parfois réduit sous conditions. Je détaille le mécanisme complet, crédits d’impôt inclus, dans l’article sur la fiscalité des dividendes de SASU pour un expat.
Ce qu’il ne faut jamais oublier : les dividendes sont versés après IS, donc déjà amputés de 15 à 25% au niveau de la société avant même d’arriver sur le compte personnel du président. C’est un point que beaucoup de clients découvrent trop tard en comparant « charges sur salaire » et « charges sur dividendes » sans intégrer l’IS en amont.
Salaire ou dividendes : quelle répartition minimise les charges pour un non-résident ?
Il n’existe pas de réponse universelle, mais un arbitrage à faire au cas par cas selon trois critères : le taux d’imposition sur le revenu dans le pays de résidence, le besoin de couverture sociale, et le montant de trésorerie disponible dans la société. Un salaire ouvre des droits (retraite, maladie, parfois chômage), mais charge lourdement chaque euro versé. Les dividendes coûtent moins cher en cotisations mais ne créent aucun droit social et subissent l’IS en amont plus la retenue à la source.
Dans la pratique, la combinaison que je vois le plus fonctionner chez les expats que j’accompagne est un salaire minimal (souvent pour valider des trimestres de retraite ou accéder à une couverture maladie de base) complété par des dividendes une fois l’exercice clôturé et le résultat connu. C’est aussi ce qui évite de payer des charges sociales sur un revenu qu’on aurait pu attendre en fin d’année pour l’optimiser.
Le président de SASU non-résident cotise-t-il pour une retraite française qu’il n’utilisera jamais ?
Non, les cotisations retraite ne sont pas perdues. S’il se verse un salaire, le président assimilé-salarié cotise normalement à la retraite de base (CNAV) et à la retraite complémentaire (Agirc-Arrco), exactement comme un résident. Les trimestres et points accumulés restent acquis et donneront lieu, à l’âge légal, à une pension française versée à l’étranger, en plus d’une éventuelle pension du pays de résidence si une convention de coordination des régimes de sécurité sociale existe.
C’est un argument que je mets en avant face aux clients tentés de tout basculer en dividendes pour « économiser » les charges sociales : sans salaire du tout, il n’y a tout simplement aucun droit à la retraite française qui se construit, ce qui peut être un problème si le reste de la carrière du dirigeant a été fait en France.
Quelles démarches déclaratives spécifiques pour un président non-résident ?
La résidence à l’étranger n’allège aucune obligation déclarative liée au salaire : DSN mensuelle, bulletin de paie, cotisations versées aux organismes (URSSAF, caisses de retraite) selon le même calendrier qu’un résident. La seule vraie différence porte sur l’impôt sur le revenu du dirigeant lui-même, qui relève des règles de non-résidence fiscale et non du droit du travail : c’est là que la convention fiscale entre la France et le pays de résidence entre en jeu, pas sur le calcul des cotisations sociales.
Pour la partie société (IS, TVA, liasse fiscale), rien ne change non plus du fait de la résidence du président : la SASU reste imposée en France sur son résultat, quel que soit le pays depuis lequel elle est pilotée.
Quelle est la vraie leçon à retenir sur les charges sociales d’un président de SASU non-résident ?
La vraie leçon, ce n’est pas le principe (rester assimilé-salarié malgré l’expatriation), c’est l’ampleur réelle des charges dès qu’un salaire entre en jeu : voir 2000€ bruts se transformer en 2900€ de coût total pour l’entreprise et seulement 1560€ de net avant impôt, ça fait réfléchir. Ma recommandation reste la même à chaque fois : ne pas décider du salaire avant d’avoir simulé les deux scénarios (salaire vs dividendes) sur une vraie fiche de paie ou un vrai bilan prévisionnel, pas sur un pourcentage approximatif lu en ligne. Un outil de comptabilité qui centralise paie, IS et déclarations évite de découvrir le montant réel des charges au moment où l’argent a déjà quitté le compte.
Questions fréquentes
Le président de SASU non-résident paie-t-il des charges sociales en France ?
Quel est le taux de charges sociales sur le salaire d'un président de SASU ?
Les dividendes d'une SASU non-résidente sont-ils soumis aux prélèvements sociaux de 17,2% ?
Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes en SASU non-résidente ?
Le président de SASU non-résident cotise-t-il pour une retraite française qu'il n'utilisera jamais ?
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