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Legalstart vs LegalPlace vs Captain Contrat : quel service pour créer ta SASU depuis l'étranger

J'ai comparé 3 plateformes de création en ligne pour une SASU en tant qu'expat. Prix, délais, pièges : le test côte à côte sans langue de bois.

Par L'équipe Entrepreneur Expat · ·9 min de lecture

Quand j’ai créé ma SASU depuis Lisbonne en 2023, j’ai passé deux semaines à comparer les options disponibles. Legalstart, LegalPlace, Captain Contrat — les trois noms reviennent en boucle dans les forums d’expats. Chacun promet de tout gérer à distance, de te livrer un Kbis en 48h, et de t’éviter un aller-retour à Paris.

La réalité est plus nuancée. Voici ce que j’ai trouvé en testant les trois, en lisant les petites lignes, et en recoupant les expériences d’autres fondateurs non-résidents.

Ce que je cherchais comme expat

Mon contexte : je voulais une SASU non-résidente avec siège social à Paris, activité de conseil digital, pas de salarié. Pas de situation exotique, mais le statut “non-résident” suffit pour créer des frictions chez certaines plateformes.

Les critères qui comptaient pour moi :

  • Prix total : frais de service + annonce légale + greffe, tout compris
  • Gestion du non-résident : est-ce qu’ils connaissent la situation sans que j’explique pendant 20 minutes ?
  • Qualité des statuts : template générique ou vraiment adapté ?
  • Délai réel : pas le délai marketing, le délai constaté
  • Support : est-ce qu’on parle à un humain quand ça coince ?

Les tarifs : ce que tu paies vraiment

Voilà le tableau que j’aurais aimé trouver avant de commencer :

PlateformeOffre de baseOffre recommandéeAnnonce légale incluseFrais greffe (2026)
Legalstart99 € HT189 € HTNon (env. 193 €)37,45 €
LegalPlace79 € HT179 € HTNon (env. 193 €)37,45 €
Captain Contrat0 € (DIY)199 € HTNon (env. 193 €)37,45 €

Attention au prix affiché. Les trois plateformes mettent en avant leur tarif hors annonce légale et hors greffe. Ajoute systématiquement 230 € à 240 € au prix affiché pour avoir le coût réel. Une SASU créée via l’offre de base à 79 € te revient donc à 79 + 193 + 37,45 = 309 € minimum, et c’est sans TVA sur les frais de service.

L’annonce légale à 193 € est le tarif réglementé 2026 pour une SASU (journal habilité, département de Paris — arrêté du 28 décembre 2023 publié au JORF). Certaines plateformes la gèrent elles-mêmes, d’autres te redirigent vers leur partenaire maison. Le prix est le même, mais vérifier qui facture quoi évite les mauvaises surprises sur le relevé Qonto.

Legalstart : le plus connu, pas forcément le meilleur pour les expats

Legalstart, c’est la plateforme la plus visible sur Google. Marketing agressif, interface propre, tunnel de création bien huilé. En 20 minutes tu as rempli tes infos et tu as l’impression que c’est réglé.

Ce qui fonctionne bien : L’interface est claire. Les statuts types sont corrects pour une activité standard. Le suivi par email est régulier — tu sais où en est ton dossier.

Ce qui coince pour les non-résidents : Le tunnel est optimisé pour le cas standard : résident français, adresse personnelle en France, pièce d’identité française. Dès que tu coches “je réside à l’étranger”, le parcours devient moins fluide. J’ai vu plusieurs témoignages d’expats bloqués sur la validation de l’identité — ils demandent parfois un justificatif de domicile français que tu n’as évidemment pas.

Le support est par chat et email. Correct, mais tu peux attendre 24 à 48h pour une réponse sur une question technique. Pour un dossier où le délai compte, c’est frustrant.

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LegalPlace : le moins cher, mais attention aux templates

LegalPlace joue la carte du prix : 79 € HT pour l’offre de base, c’est le moins cher du trio. Pour un fondateur qui sait ce qu’il fait et qui veut juste externaliser la paperasse administrative, ça peut suffire.

Ce qui fonctionne bien : Le prix. Et pour les cas simples (activité commerciale ou de conseil standard, résident en France), les délais sont honnêtes — 5 à 10 jours ouvrés pour le Kbis.

Ce qui coince : Les statuts générés sont très basiques. Si tu as des besoins spécifiques — activité réglementée, clauses de préemption, gestion des dividendes optimisée — tu vas devoir modifier manuellement ce qu’ils produisent. L’interface ne te permet pas de modifier librement les statuts sans passer à une offre supérieure ou payer un supplément.

Pour les expats, LegalPlace est moins à l’aise avec la situation “dirigeant non-résident UE”. Lors de mes tests, leur FAQ ne mentionnait pas du tout ce cas de figure. Le support m’a confirmé que c’est traitable, mais sans procédure clairement documentée — autrement dit, tu dépends de la personne qui tombe sur ton dossier.

Captain Contrat : le plus cher, le plus sérieux

Captain Contrat se positionne différemment. Leur offre à 199 € HT inclut une relecture par un avocat partenaire. C’est ça la vraie différence : tu n’as pas affaire à des templates remplis par un algorithme, tu as un juriste qui lit tes statuts avant de les soumettre.

Ce qui fonctionne bien : Le niveau de personnalisation est nettement supérieur. Pour des statuts de SASU avec des clauses spécifiques — si tu prévois d’intégrer des associés à terme, ou si tu as une activité mixte — c’est la plateforme qui te donne le plus de garanties. Le support est plus réactif et mieux qualifié : j’ai obtenu des réponses précises sur des questions fiscales de non-résident que les deux autres n’auraient pas su traiter.

Ce qui coince : Le prix. Si ton cas est vraiment standard (SASU de conseil classique, activité non réglementée), la plus-value de la relecture juridique reste limitée. Par contre si tu es dans une zone grise — activité mixte, double résidence fiscale, statuts sur-mesure — Captain Contrat justifie son tarif.

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Le point spécifique non-résident : ce que personne ne documente clairement

Quelle que soit la plateforme choisie, la situation “dirigeant non-résident” crée les mêmes frictions structurelles. Les plateformes ne les créent pas, elles les héritent du système français.

L’adresse de domiciliation. Tu dois avoir une adresse physique en France pour le siège social (article L. 210-3 du Code de commerce). Les trois plateformes proposent leur service de domiciliation — généralement entre 15 et 30 €/mois. Tu peux aussi utiliser un tiers comme Regus ou une adresse personnelle si tu en as une. Ce n’est pas une option, c’est une obligation légale.

Le justificatif d’identité. Un passeport suffit dans la plupart des cas. Mais certaines plateformes demandent un justificatif de domicile étranger, ce qui peut entraîner des demandes de traductions ou d’apostilles. Captain Contrat est le plus clair là-dessus dans sa documentation d’accueil.

L’ouverture du compte bancaire. C’est l’étape que les plateformes de création ne gèrent pas. Une fois ton Kbis en main, il faut ouvrir un compte pro. Pour un non-résident, les banques traditionnelles sont quasi inaccessibles. Qonto et Shine acceptent les non-résidents sans friction — j’ai ouvert mon compte Qonto depuis Lisbonne en 48h avec un passeport portugais en cours de validité et le Kbis fraîchement reçu.

Le délai réel pour le Kbis. J’ai vu des expats attendre trois semaines pour leur Kbis en tant que non-résident alors que la plateforme annonçait cinq jours ouvrés. La raison : le greffe de Paris génère parfois des demandes de pièces complémentaires sur les dossiers de non-résidents, et la plateforme sert d’intermédiaire — elle ne peut pas accélérer le traitement au greffe.

Une option souvent ignorée. Tu peux créer directement via le guichet unique INPI (gratuit pour les formalités INPI, tu paies quand même les 193 € d’annonce légale et les 37,45 € de greffe). Si tu es à l’aise avec les démarches administratives et que tu as deux heures devant toi, tu économises 100 à 200 € de frais de service. J’ai vu plusieurs fondateurs le faire sans accroc depuis leur pays de résidence.

Quand choisir quoi : ma grille de décision

Ton profilMa recommandation
SASU standard, conseil, activité non réglementéeLegalstart (bon compromis prix/qualité)
Budget serré, tu sais relire des statuts toi-mêmeLegalPlace (offre de base à 79 € HT)
Activité réglementée, statuts complexes, tu veux une relecture juridiqueCaptain Contrat (199 € HT)
Tu veux créer et gérer ta compta au même endroit dès le premier jourIndy (création + compta intégrée)
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Questions fréquentes

Est-ce que Legalstart fonctionne vraiment si je suis non-résident ? Oui, mais avec des frictions. Leur tunnel n’est pas optimisé pour ce cas. J’aurais recommandé d’appeler le support pour valider le dossier avant soumission. En dehors de ça, la création elle-même fonctionne.

Y a-t-il une différence de délai entre les trois plateformes ? Le délai dépend surtout du greffe compétent, pas de la plateforme. Toutes les trois soumettent le dossier de la même façon via le guichet INPI. La vraie variable : la qualité du dossier soumis. Un dossier incomplet — ce qui arrive plus souvent avec les offres d’entrée de gamme — génère des allers-retours avec le greffe et peut faire passer le délai de 5 jours ouvrés à 3 semaines.

Captain Contrat vaut vraiment le surcoût ? Pour une SASU de conseil classique : non, les 100 € supplémentaires ne se justifient pas. Pour une activité réglementée (immobilier, courtage, professions libérales encadrées par la loi n° 90-1258), ou si tu veux des statuts personnalisés dès le départ : oui, sans hésiter.

Je peux utiliser la domiciliation Legalstart ou LegalPlace depuis l’étranger ? Oui. La domiciliation est indépendante de ta résidence. Tu paies un abonnement mensuel (généralement 15 à 30 € HT selon l’offre) et ils reçoivent ton courrier officiel à l’adresse du siège. Tu reçois les scans par email.

Indy propose aussi la création de SASU ? Oui. Indy a une offre de création intégrée à sa solution de comptabilité. L’avantage : tu crées et tu gères ta compta au même endroit dès le premier jour. C’est l’option que j’aurais probablement choisie si elle existait avec ses fonctionnalités actuelles au moment de ma création en 2023.

Ce que j’aurais fait différemment

Si c’était à refaire aujourd’hui, je passerais par Indy pour la création — l’intégration comptabilité dès le départ évite de paramétrer un second outil trois semaines après le Kbis. Si tu préfères rester sur une plateforme purement juridique, Legalstart reste mon premier choix pour un cas standard, Captain Contrat si tu as des spécificités à gérer.

Dans tous les cas : lis les conditions avant de valider le paiement, vérifie ce qui est inclus dans l’annonce légale, et ouvre ton compte pro en parallèle de la création — ne pas avoir de compte le jour du Kbis te fait perdre une semaine supplémentaire.

Le reste — statuts, immatriculation, numéro SIREN — c’est de la mécanique. Ce qui change vraiment la vie d’un expat, c’est d’avoir une compta propre et un compte pro fonctionnel dès le départ.

EE

L'équipe Entrepreneur Expat

Rédaction qui suit au quotidien des entrepreneurs français à l'étranger. Notre approche.